mercredi 31 décembre 2008

mercredi 17 décembre 2008

Sujet de l'art 4


Acropole/17/12/2008

Sujet de l'art 3

16/12/2008
A l'ouest, la mobilisation lycéenne ne faiblit pas
EDUCATION - Plusieurs milliers de lycéens ont de nouveau defilé mardi matin dans les principales villes de l’Ouest et notamment à Rennes où ils étaient près de 6000 selon la police pour réclamer le retrait de la réforme de l’éducation nationale...

Un tract condamne "l'entreprise de déqualification programmée par le gouvernement", tandis qu'une banderolle couverte de caractères cyrilliques élargit le propos: "solidarité avec les insurgés en Grèce", dit la traduction.
D’autres manifestations ont eu lieu à Nantes, Lorient, Vitré, Landerneau, Quimper ou environ 2300 lycéens ont défilé, tout comme à Brest où ils étaient quelque 2000 manifestants.P.H.A. Source : Libération

Grèce : le JT de la TV publique interrompu
AFP 16/12/2008 Mise à jour : 15:23
Un groupe de jeunes a interrompu pendant quelques minutes aujourd'hui en début d'après-midi le journal télévisé de la chaîne publique NET, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les jeunes sont apparus à l'écran, portant, sans dire un mot, une banderole sur laquelle était inscrit "Arrêtez de regarder, sortez dans la rue"...

Outre les manifestations quotidiennes, une série d'attaques contre des commissariats de police ou des établissements publics ont eu lieu alors que des centaines d'établissements scolaires et universitaires restaient occupés mardi par des élèves et des étudiants.

lundi 8 décembre 2008

Sujet de l'art 2

Grèce: les lycéens défilent à Athènes
AFP 08/12/2008 Mise à jour : 13:51
Aux cris d'"assassins, assassins", "à bas le gouvernement des assassins", un demi-millier de lycéens a manifesté aujourd'hui dans le centre d'Athènes, pour protester contre la mort samedi d'un adolescent tué par un policier, a rapporté un journaliste de l'AFP.Les lycéens se sont réunis en fin de matinée devant l'Université d'Athènes, en plein centre de la capitale avant de défiler derrière une grande banderole réclamant "de l'argent pour les écoles et non pour l'achat de F-16 où l'aide aux banques". Ils se sont rendus jusqu'au Parlement où ils ont été bloqués par un cordon policier qui barrait la voie vers le siège du gouvernement.Les manifestants se sont arrêtés à un mètre des forces de l'ordre en criant des slogans et en invectivant les policiers casqués et portant des boucliers.Source : AFP -->

dimanche 9 novembre 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


SAUVER LES BANQUES,
YES, WE CAN...
BUT WE DON'T WANT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

BARACK qu'habite à Sarcelles et qu'a été radié de la Société Générale pour un découvert de 43 euros

Légende 5


En considérant la tortue

Lu sur un mur de Paris 18e


Eh! Frère, ceux qui t'ont niqué la tête tu peux les voir tous les jours à la télé... Maintenant ils te promettent de "moraliser" l'embrouille... Ils t'ont collé dans les ghettos, ils t'ont inséré dans des tafs à 300 euros, ils t'ont coupé le chômage. Et alors? Ben rien, ils te jurent de continuer comme ça, et même pire... T'as pas compris : c'est pour ton bien... C'est ça la morale de l'embrouille... Note, frère, on n'est pas les seuls à dérouiller... Y a aussi les gaulois qui votent socialiste ou UMP... Leurs pavillons valent plus que dalle, leurs retraites ils l'ont dans le cul, maintenant ils vont même se faire virer de leurs entreprises, parait-il... Et pour ceux qui restent dans les boites, faudra qu'ils taffent jusqu'à soixante-dix piges... Ils vont aller habiter où les gaulois qui sont ruinés? Qu'ont plus de retraite? Chez nous? Oui, mais alors nous, hein, où on va aller dormir? Dans la cave? Les boules!!!!!

SUBPRIME, un mec qui va bientôt présenter le JT

mardi 29 avril 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


Les potes, soyez pas vaches. Quand vous allez chez Leclerc, évitez de vous essuyer les pieds sur le grand paillasson à l'entrée du centre. Pourquoi? Ben, parce que le paillasson c'est moi...

Kenji, un mec en stage d'insertion professionnelle

mardi 22 avril 2008

Lu sur un mur de Paris 18è


Mon père, la semaine dernière, à l'hosto, ils l'ont opéré, ils lui ont extrait un poste télé du crâne. Maintenant ça va mieux. Quand il parle il dit plus "Hi han, Hi han"

STORM

jeudi 17 avril 2008

Lyrique(s) de la marche

Lyrique(s) de la marche - forme réalisée à Reignier (Haute-Savoie) au printemps 2008 dans le cadre de la manifestation D2 /pour visionner la vidéo, cliquer sur le lien ci-dessous
http://www.dailymotion.com/studiodesculpturesociale/video/x5i48u_lyriques-de-la-marche_creation

jeudi 10 avril 2008

Légende 4


Des Bourses du travail aux Centres de formation du sensible... Première pierre, premier arbre...

Lu sur un mur de Paris 18e


Ils nous ont déjà piqué notre jeunesse et notre avenir. Maintenant ils veulent nous sucrer les indemnités de chômage et les aides sociales. Et après, quand ils nous auront tout piqué, qu'est-ce qu'ils comptent encore nous taxer? Nos fringues? Nos pompes?

GRAL

samedi 22 mars 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


Loue poubelle 3 mètres carré avec vue sur l'ANPE, proximité tous services sociaux, salaire super-minimum dans toutes les pièces. Solitude et angoisse garanties. Idéal pour chômeur, étudiant, stagiaire, rmiste. Demandez madame Medef. Si absente laissez un message sur le couvercle.

PAM

jeudi 13 mars 2008

Légende 3


l'envol du papillon, le sens de la formation

lundi 10 mars 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


Malek, un copain, il a été engagé comme panneau indicateur dans un parc d'attraction. Toute la journée il reste planté au bord d'une allée avec une flèche rouge tatouée sur le front. Panneau indicateur, c'est un boulot pour les mecs calmes. Parce que si tu tournes la tête cinq secondes, la flèche bouge, les visiteurs du parc se perdent et toi tu te fais lourder.

Astérix le Berbère

Mail adressé aux personnes participant au projet D2/www.d2reignier.blogspot.com


Sent: Sunday, February 03, 2008 10:02 PM
Subject: D2
Bonjour,
C'est Séverine qui nous a donné votre contact, et nous vous remercions de votre attention à sa proposition.
Nous devons réalisé un projet intitulé "Lyrique(s) de la marche" dans le cadre de la manifestation qu'elle organise (D2). Séverine nous a dit que vous seriez peut être intéressée de participer à notre projet. Elle a dû vous adresser un petit texte de présentation. En voici résumé les grands traits :
Il s'agit de confier une petite caméra à des personnes et de leur demander de déambuler au bord de la D2 sur un segment de leur choix.Chaque déambulation doit durer environ une minute trente, et toutes commencer par les même mots : "Voici mon chemin", et se terminer, lorsque la personne nous a tendu la caméra - au terme de la déambulatrion -, et qu'elle apparait alors dans le cadre, par quelques mots de présentation. Par exemple : je m'appelle Aline H, j'habite à Reignier en France.Entre le début et la fin de la déambulation la personne doit s'exprimer en off sur les images qu'elle filme des abords de la D2.
Après mûres réflexions nous avons opté pour demander aux personnes d'évoquer par un récit, un souvenir, un poème, une prière... un évènement ayant trait à une expérience spirituelle. Ce peut être un souvenir personnel d'une expérience où il nous a semblé que se manifestaient en nous, et/ou hors de nous, l'appel de forces supérieures, ça peut être la description d'une oeuvre d'art qui nous donnerait une émotion particulièrement intense, ça peut être l'évocation d'un être qu'on admire ou celle d'un acte qui nous aurait transfiguré, ça peut avoir trait à une pratique religieuse profane ou sacrée, ça peut être l'évocation d'une musique, d'un lieu..
Dans la forme ça peut être un récit puisé dans un livre aussi bien qu'une chanson, ça peut être une prière aussi bien que la description d'un ciel, ça peut être la description d'un rituel aussi bien que l'énoncé d'un poème, ça peut partir d'une photo, ça peut être le récit d'un acte de résistance, la description du geste d'une mère qui étreint son enfant...
Ca peut être bien d'autres choses encore...
L'important est de composer, préalablement au tournage, un texte relatant avec la plus grande précision possible, loin de toutes généralités abstraites, le récit de ce moment où est apparu en nous, ou chez d'autres qu'on admire, ou au souvenir de sa vie, la certitude qu'une force supérieure pouvait envelopper l'être et le mettre en relation avec une part sacrée de lui même...
N'hésitez pas à nous demander des précisions, ce que nous vous écrivons n'est peut être pas assez précis
Le projet consiste pour nous à chercher avec vous au fil de nos échanges
Aussi nous sommes impatients de recevoir vos commentaires et vos idées
En vous remerciant encore de votre attention à ce projet
Bien cordialement

mardi 4 mars 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


La semaine prochaine mon père il commence à bosser dans une salle de gymnastique. C'est lui qui fera la poutre. Les clients lui marcheront sur le dos et sur la tête. Moins mon père criera, plus il gagnera d'argent. C'est nouveau. Avant y avait les métiers qu'on faisait avec les mains, maintenant y a des boulots qu'on fait avec le dos.

Power 24

mardi 26 février 2008

Plaque 4



Ici, sur ce stade, entre janvier 2007 et février 2008, venait courrir Karen Dortz, lorsque l'angoisse la submergeait. Karen Dortz, 28 ans, travaillait 26 heures par semaine dans un centre d'appels à Montrouge. Elle habitait rue Biot, un studio, près de la place de Clichy. La nuit, elle avait le sentiment de devenir folle. Les yeux grands ouverts elle écoutait son temps s'écouler de ses veines, goutte à goutte.

mercredi 13 février 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


Hier je me suis fais braquer par mon banquier. Le mec il m'a piqué mes pompes et ma carte Lion. Maintenant, quand je tape le code sur le clavier du distributeur, je fais gaffe. Parce que la dernière fois y a le banquier qu'ait sorti de l'écran et qui m'a collé une baffe. Si tu me crois pas t'as qu'à essayer toi-même. Mon code : 42 34

BNP, un mec qu'en a marre de prendre des claques par les banquiers

mardi 12 février 2008


Pour visionner Qu'est-ce que vivre/Série 7- lien ci-dessous :
http://www.dailymotion.com/studiodesculpturesociale/video/x4cohp_questce-que-vivre-serie-7_creation


Qu'est-ce que vivre est un dispositif de traitement du réel susceptible de convoquer l’expression des formes multiples de l’expérience humaine. Le projet consiste à réaliser des séries de vidéo-chants d’habitants d’un territoire. Chaque série de vidéo-chants est un objet créé en interaction avec la multitude des êtres, leurs récits, leur lyrisme, leurs mondes.
Être est pour nous le produit d’une expérience d’énonciation mettant en scène un usage de la langue délié de sa fonction d’information, de persuasion, de séduction marchande, d’opinion, de prosélytisme, de transmission de mots d’ordre. Alors la langue module une clameur de l’être : le récit se métamorphose en chant, le mystère du sens advient, la matière de la langue s’ouvre aux fulgurances de la liberté . Etre est création et coopération au service de tous, sollicitation de ces forces affirmatives de soi qui engendrent mondes et innovations.
Après réunion de présentation du projet dans la structure d'accueil, chaque personne est invitée à rédiger un texte relatif à l'énoncé Qu'est-ce que vivre - selon un protocole de co-écriture résultant d'échanges écrits, le plus souvent via le Net. Par la suite nous décidons ensemble de développer certains points ou, s’ils font répétition, d’en réduire d’autres. La personne reste pleinement maître de cette élaboration. Il y a donc en amont un travail de recherche et de formalisation de la langue. Les énoncés des portraits expriment toujours une expérience de connexion de soi avec un commun, délié d'intérêts privés.
Au moment du tournage la personne choisit une musique qui servira de décor à son portrait. Puis elle restitue l'énoncé face à la caméra. (Soit le texte sert simplement de conduite soit il est donné dans son intégralité : c’est à la personne à choisir le mode qui lui convient)
Rassemblés dans la Sculpture sociale vidéo, ces chants composent la continuité d’un poème où chacun des portraits se fond dans le tout d’une communauté passionnée d'égalité, bordée de courage, d’insatiable désir d’aimer. Tel un chœur le poème fait entendre le sens de l’énigme éponyme du projet : Qu’est-ce que vivre.

lundi 11 février 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


En ce moment je fais un stage où on apprend à dire : "Vous êtes bien chez monsieur le directeur, laissez votre message". Dans six mois, quand je saurais le dire parfaitement, je serais formé au boulot de répondeur automatique en entreprise. C'est top, non?

Barane

vendredi 8 février 2008

Lu sur un mur de Paris 18e


Moi comme je suis black , pour trouver un job je me suis peint en blanc. A l'inverse, si tu veux trouver un keuf t'as qu'à te peindre en black. Si dans les trois minutes t'es pas contrôlé, sur la vie de ma mère je te rembourse le pot de peinture.

GUS

lundi 4 février 2008

Légende 2

UN JOUR NOUS RESSUSCITERONS LES OURS BLANCS

mercredi 30 janvier 2008

Lu sur un mur de Paris 18e

Le voisin il a appelé son doberman TF1. Tu verrais la bête! Il a deux antennes sur la tête, les pattes en béton, et si tu t'approches il fait "Bouygues! Bouygues!" en montrant les crocs. La peur!

Cathy

jeudi 24 janvier 2008

Plaque 3



Ici, dans cet immeuble du boulevard Montparnasse, entre février 2005 et décembre 2007 travailla Natalia Zacharewicz, 26 ans. Pour sept euros de l'heure elle faisait des ménages chez un couple d'universitaires. Natalia Zacharewicz avait un tatouage d'albatros sur l'épaule droite. Parfois, lorsqu'elle était seule, elle ouvrait la fenêtre du living, déployait les bras, éclatait de rire.
Pour visionner la maquette du projet intitulé Plastik(s) du travail/ liens ci-dessous

Première partie de la maquette de la série Plastik(s) du travail :
http://www.dailymotion.com/studiodesculpturesociale/video/x424ig_plastiksdutravail_fun

Deuxième partie de la maquette de la série Plastik(s) du travail :
http://www.dailymotion.com/video/x429gp_plastiksdutravailsuite
Demain, dès l'aube (extrait) - lire la suite : texte intégral en lien

Sur une plate-forme tracée de lignes fluorescentes une jeune femme apparaît, ombre précaire, dans la lumière des projecteurs.
Elle tient des tracts dans ses mains.
Tandis qu'elle s'avance vers le vide les faisceaux strient l'espace.

Elle dit :

J'ai vu
Le temps qui vient

Nous étions un
En deux
Nous
Plus que soeurs
Enchaînées
Par nos mots
Maillon d'acier
Reliant
Nos os
Nos cartilages
Nos chairs
C'était nous
Oui

Enfin réunies
Je ne saurais
Vivre
Sans toi
Plus
Longtemps
Je ne saurais
Exister
Sans ta voix

Demain dès l'aube
Ma soeur
Vers moi
Je le sais
Tu iras
Sur le chemin
Non
Je ne peux
Rester
Ici
Plus d'un jour

C'était hier
Tu disais
Je suis Andromaque
Son front pâle
Nos mots
Andromaque
Dans nos veines
Ton souffle
A mon tympan
Notre chant
Tes lèvres
Sur ma peau
Tu disais
Moi aussi
Ta soeur
Je disais
Je suis Andromaque
Phèdre
Cassandre
Nous étions là
Des nuits entières
Dans cette chambre
Nos textes
Nos larmes
Nos mots
Nos cris
Pour tenir
Pour être
Nous jouions

Ma soeur
Tu chantais
Phèdre
Andromaque
Notre théâtre
Toutes les deux
Pendant des heures
Transies
Au centre
Du feu
Ici bas
Sur cette terre
Où hurle le vent

Regarde
Disais-tu
Ces vieillards
Maquillés
Grotesques
Sur les plateaux
Devant les pupitres
Ces spécialistes
Ces invités
Ces consultants
Etcetera
Qui
Par la loi
Par décret
Par programme
Nous ont
Assigné
Reclus
Pour notre bien
Notre avenir
Entre
Les mains
Des administrations
Des firmes
Psychiatriques
Pénales
De l'emploi
A tout prix
Ils bavent leur sermon
Leurs gadgets
Leurs leçons
Radotent
Dans les talk-show
Jusqu'au dégoût
Commémorent
Contents
Hilares
Leurs vingt ans
Ces grimaces
Ces masques
Sur toutes les chaînes
A Dire la conduite
Le dogme
L'ordre
Précaire
La fin du temps
Le projet
En cours
Racial
Flexible
Et nous
Ici
Pendant des mois
Des années
A dissimuler
A faire semblant
A dire oui
A nous taire
A guetter l'occasion
Le moment
L'instant
Dans les réfectoires
Les sas
Les bureaux
Les classes
Nos mains
Serrées
Soudées
Tandis
Qu'alentours
Les ordres
Résonnaient
Automatiques
Sur les bouches
Les écrans
Travaille
Travaille
Pour rien
Pour rien....

samedi 19 janvier 2008

Lu sur un mur de Paris 18e

Un jour, comme avec la télé, ils vont crypter la réalité. T'auras le droit de sortir de chez toi que si tu paies 30 euros par mois. Sinon, si tu raques pas l'abonnement, dehors tu verras tout brouillé.

Blek

vendredi 18 janvier 2008

Plaque 2

Ici, place Jules Joffrin, passa souvent Camille Destrée, plasticienne au Rmi, entre 1999 et 2006. A cette date elle quitta la capitale sans laisser d'adresse. Juste le reflet d'un oeil de tigre dans le fragment d'un miroir sur le sol.

jeudi 17 janvier 2008

POUR UN SERVICE COMMUN DU SENSIBLE ET DE L'ATTENTION

1
Il existe en Europe une convergence nouvelle autour de la notion beuysienne de "champ élargi de l'art'": s'y rassemblent des expériences pédagogiques, des pratiques artistiques, des lieux de création.

Cette convergence renouvelle le concept de Beuys et détermine une indistinction tendancielle entre formation de soi, pratiques du sensible, construction d'une communauté tenue par des valeurs d'égalité, de justice, d'attention à tous.

Cette convergence, en permanente métamorphose, produit des dispositifs d'interface à même de renouveller la figure de l'artiste, des publics, des savoirs, des institutions : de définir les contours d'un service commun du sensible en prise avec les nouvelles compositions subjectives issues d'une hausse sans précédent des niveaux de formation, de l'accès généralisé aux technologies multimédia, des avatars de la forme emploi et de l'exclusion, de la transformation en profondeur du plan d'immanence des percepts et des affects.

2
Un service commun du sensible est fondé sur la création de dispositifs d'interfaces, sur des pratiques de fabrication de formes et d'expertises ouverte à tous, co-créé par chacun, en prise avec les populations des territoires. De sorte qu'un service commun du sensible engage aussi une re-qualification de la notion de richesse, de productivité, et de leur mesure.

La formation professionnelle ne recouvre pas la formation de soi, pas plus que la figure auteur ne recouvre les pratiques multiples de création, ni que les structures de production et de diffusion culturelles actuelles n'épuisent la nécessité d'émergence de centres de formation du sensible à même de déployer des protocoles d'exploration/constitution de soi : des cliniques de l'attention. L'attention, dans ce cadre, est le souci de l'autre comme souci de soi.

"La notion de care est différente de celle de travail social puisque dans le processus du care, malgré la position de dissymétrie entre les individus, il ne s'agit pas de bienveillance comme dans le travail social qui prend les personnes dont on s'occupe pour objet. Le care est fondamentalement un processus dynamique dans lequel la personne dont on se soucie intervient activement dans le processus. Le care ne se réduit jamais au travail social ni au monde des soins, mais a plutôt à voir avec l'ensemble du rapport de soi à soi, et de soi aux autres, en tant que sujet politique" - Liane Mozère

Dans le champ élargi de l'art l'artiste est pris dans un devenir d'opérateur construisant des dispositifs ouvert aux populations, à même de convoquer la part d'art présente en chacun ; l'enseignement dans un geste de transmission de technologies de formation de soi et de mise en réseau des aptitudes et des connaissances; le lieu de formation dans un devenir-connexion/invention/diffusion des cliniques de l'attention ainsi créées.

Le lieu, centre de formation du sensible, est indistinctement une école, un pôle de création interactif avec les populations, une plate-forme de constitution d'un être ensemble : un producteur sociale d'expériences, d'initiatives, de savoirs, de technologies artistiques, de protocoles d'expertises.

L'ensemble de ces agencements mobiles compose la figure d'un OPERATEUR DU COMMUN, innovateur social impliqué dans l'approfondissement d'une démocratie radicale, indistinctement opérateur de création, d'attention, de formation, dans une société productrice de richesses immatérielles, affectives, relationnelles, semio-existentielles, incommensurables à des indices.

3
Pour préfigurer un tel lieu la manifestation intitulée CENTRE DE FORMATION DU SENSIBLE présente les outils, les protocoles, et les résultats des travaux de collectifs et d’individus inventant et expérimentant des dispositifs de création sur les territoires.

Ce centre présente également les expériences pédagogiques particulièrement originales, à la croisée de ces préoccupations, conduit dans les départements des écoles d’art et des universités européennes

La constitution de soi, inséparable de la constitution d’un commun, s’opère selon une éthique de recherche des formes de l’égalité, de la justice, du courage, de l’attention aux autres, de la créativité.

Le centre de formation du sensible est une école du souci de soi et de l'autre dans une société du savoir et de la connaissance, tourné vers des finalités de co-création de mondes et de coopération de chacun avec tous.

Légende 1

Qui est le coyote?

Plaque 1

Ici, sur un de ces bancs du square Clignancourt, le 12 décembre 2007, ASSIAN Ispahi, 34 ans, Iranienne sans papiers, en chemin vers l'Angletterre, s'est reposée quelques minutes. Elle a pu rejoindre sa soeur à Londres le 10 janvier 2008 par un matin frais à la lumière douce.

mercredi 16 janvier 2008

Festival Les Inattendus - Lyon
http://les-inattendus.club.fr/index2.html

Séance C4 :
Dimanche 27 Janvier à 15h / De l'Autre Côté du Pont
Séance animée par Ciné Travail
Stuck truck de Sylvia Winkler & Stephan Koeperl 2007, Allemagne, 5 min, Mini DV, Art vidéo « Mon camion s'est embourbé. Si tu m'aides à le dégager, je te trouverai une gonzesse en ville. »
Fiche Film
Scandale de François Lathuillière et Matthieu Bonnet 2007, France/Maroc, 13 min, DV Cam, DocumentaireMohamed Essoudani, surnommé Scandale, est marchand de poissons à Casablanca. Entre le marché aux grossistes près du port, à l’aube, et son étal de fortune dans son quartier d’Oulfa, l’homme se raconte : son métier, les éternels problèmes d’argent, sa vie de célibataire et son mariage prochain, ses anciens démons et son amour pour la mer.
Fiche Film
Eloge de la perruque de Jean Riant1981, France, 20 min, Super 8 mm sur DV Cam, Hybride Un ouvrier, mécano-soudeur, fabrique des mobiles, des stabiles, avec la matière première de l’entreprise et sur son temps de travail… Il « perruque ».
Fiche Film
Plastik(s) du travail du Studio de Sculpture Sociale2007, France, 25 min, DVD, Film d’atelier. Formes vidéo dans lesquelles les personnes mettent en scène elles-mêmes leurs expériences de l'emploi.
Fiche Film
Wie ich eine freier Reisebegleiter wurde (Comment je suis devenu guide de voyage) de Jan Peters 2007, Allemagne, 15 min, Super 8 mm sur DV Cam, EssaiCe documentaire expérimental explore avec un humour décalé les états d’âme d’un créateur de start-up, pris entre la « génération stagiaires » et le nouveau régime d’aide sociale Hartz 4 en Allemagne. Une histoire de rescapés à l’aéroport de Francfort qui prend le pouls de l’Etat-Providence agonisant.
Fiche Film
Lu sur un mur de Paris 18e


Moi j'en suis à mon douzième stage non rémunéré. Encore un et le compte est bon. A partir du treizième stage non rémunéré on te donne un stage rémunéré. Cool, cool, cool.

Bilbo, un mec patient

lundi 14 janvier 2008

Plastik(s) du travail

Plastik(s) du travail est un projet mené par le Studio de sculpture sociale

On peut consulter le site du Studio de sculpture sociale - concernant le projet qu'est-ce que vivre- à l'adresse suivante :
www. studiodesculpturesociale.org

Lettre d'exposition du projet Plastik(s) du travail

Lettre adressée à une institution pour solliciter un financement de production.


PLASTIK(s) DU TRAVAIL : UN PROTOCOLE DOCUMENTAIRE INVITANT LES HABITANTS DES TERRITOIRES A METTRE EN SCENE LEURS EXPERIENCES DE L'EMPLOI


Paris le 01 janvier 2008,


Madame, Monsieur,
En introduction, nous proposons de rappeler le projet intitulé Qu'est-ce que vivre que nous avons mené en 2004/2006.
Ce projet consistait à réaliser des vidéo-chants en interaction avec les habitants des territoires. Chaque habitant rencontré construit un récit ayant trait à l'énoncé qu'est-ce que vivre à partir d'échanges avec nous, directement, puis via le Net. Ce récit est ensuite restitué au moment du tournage sur fond d'une musique choisie par la personne. À chaque fois, celle-ci déclenche le dispositif de tournage en prononçant la même phrase : "Pouvez-vous mettre la musique que j'ai choisie?". L'ensemble, texte et image réunis, compose un chant. Une douzaine de chants forme une série. A ce jour 7 séries comprenant environ une centaine de chants ont été réalisés.
Ces séries sont diffusées sur les territoires où elles ont été tournées (Paris, banlieue, province, étranger) et sur le Net, à partir d'un site où elles sont consultables en permanence : http://www.studiodesculpturesociale.org/. Elles ont aussi été diffusées dans des médiathèques, des bibliothèques, des festivals - NEMO (Paris), les Inattendus (Lyon), les Instants Vidéo (Marseille), Lussas, Bobines Sociales (Paris), les Ecrans documentaires (Arcueuil) etc.
Notre démarche d'artistes vise à articuler pratiques esthétiques et pratiques sociales.
L’origine du projet Plastik(s) du travail s'inscrit dans la continuité de qu'est-ce vivre : il continue d'explorer la présence de cette part d'art que Joseph Beuys présupposait en chacun.
Outre l'exemple d'expériences menées par des artistes sur les territoires, avec les populations, les réflexions de Joseph Beuys et son concept de Sculpture Sociale ont été décisifs pour orienter notre travail. Pour nous, reprenant le concept de Beuys, une Sculpture Sociale est une forme coproduite par tous à partir des expériences de chacun. Ouverte à la diversité des singularités, manifestation de la part d'art présente en tout être, la Sculpture Sociale se construit à partir d'une exploration du sensible irriguant un territoire.
Il nous a semblé lire des préoccupations proches des nôtres dans la démarche du Musée précaire Albinet à Aubervilliers (impulsée par Thomas Hirschorn), dans l'Eco-Box, projet d'architecture urbaine mené avec les habitants du 19e sur un site en déshérence de la SNCF, ou encore dans le protocole des Stalkers, groupe italien qui, lors de dérives sur les territoires, explore les friches et zones interstitielles à travers des cartographies et des déambulations ouvertes aux populations.
Toutes ces expériences placent leurs initiateurs en position d'interface entre un territoire et des populations, et le protocole choisi a pour fonction d'agencer la créativité des habitants avec une expérience concrète d'accueil et d'échanges.
L'oeuvre est ici le résultat d'une interaction avec les femmes et les hommes habitant un quartier, un arrondissement, une ville. Ce sont eux, avec leurs récits, leurs facultés d'expression et de création, qui construisent la Sculpture Sociale.
À travers de tels projets, ces artistes, à un niveau moléculaire, s'efforcent de préfigurer ce que pourrait être un service public du sensible : une invention de protocoles permettant à tous de devenir pleinement sujet de création et d'expertise. Une proposition de formes permettant à chacun de pratiquer une expérience orientée vers l'élaboration d'une Sculpture Sociale. D'affirmer un lien dynamique et fécond avec les autres. De participer à la puissance de création collective d'une communauté tenue par des valeurs d'égalité, de justice... d'intelligence et d'humour.
Ce sont ces réflexions de Joseph Beuys et ces expériences de terrain qui nous ont conduit à formuler le projet intitulé Plastik(s) du travail.
Une plastik est une forme documentaire "modelée" par un sujet dans la "matière sensible" d'une expérience de travail.
Nous voudrions, avec le projet Plastik(s) du travail, proposer aux habitants d’un territoire donné un protocole d'auto-expertise des formes contemporaines de l'emploi pour, de la sorte, contribuer à créer une "sculpture vidéo" d'eux-mêmes, une Plastik du travail.
1/ Descriptif du DVD joint à cette note d’intention, maquette qui réalise le protocole Plastik(s) du Travail
Cette recherche autour du travail a déjà été entamée dans des documentaires de Christophe d'Hallivillée consacrés à l'analyse des conditions d'emploi des jeunes dans différents secteurs du service et des nouvelles technologies : centres d'appels, fast-food, entreprise de jeux vidéo.
Le DVD joint à cette lettre/note préfigure le projet Plastik(s) du travail. Certaines séquences ont été extraites de films réalisés à Paris, d'autres ont été tournées avec des étudiants et des résidents d'un foyer de jeunes travailleurs à St Ouen. On y voit se déployer une forme d'intelligence articulant des méthodes de la sociologie, l'invention de gestes, la richesse et la variété de l'expression sensible, l'humour d'une critique joyeuse et libre.
2/ Le protocole de réalisation d’une Plastik(s) du travail.
Les personnes sont conviées à mettre en scène leurs expériences de travail et les situations qui y sont liées : relation avec les banques, les bailleurs, occupation du temps hors emploi... Le travail est donc saisi ici dans une dimension qui excède les limites du lieu de l'entreprise ou de l'usine. Il est envisagé dans ses implications déterminant un dispositif global. Comme épicentre de l'existence entière.
Concernant l'application concrète du protocole, les étapes sont les suivantes :
— Nous rencontrons les personnes au cours de réunions sur le territoire concerné et leur présentons le projet.
— De ces discussions émergent les sujets des "Plastiks" et nous réfléchissons ensemble à leur mise en forme.
— Ces Plastik(s) (cf. DVD joint) ont été réalisées pour la plupart aussitôt après notre première rencontre avec la personne. Une vraie fraîcheur, activée par le désir du jeu, imprègne l'expérience.
Les tournages réalisés jusqu'à aujourd'hui montre que le protocole amène la personne sur le terrain d'une mise à distance d'elle-même relativement à son expérience. Mimer, jouer son propre "rôle" porte l'expression vers l'humour et le plaisir de maîtriser une situation qui, dans la réalité, souvent se dérobe, échappe.
En permettant la création d'une forme singulière, en sollicitant l'usage de leur corps, de leurs facultés sensibles, ce protocole donne aux êtres d'exprimer leur "intelligence plastique", leur sens du jeu, leur présence démocratique d'être souverain capable mieux que quiconque d'analyser les conditions de leur vie réelle.
Les Plastik(s) du DVD joint présentent des mises en scène des conditions de travail mais aussi, en cohérence avec le protocole et cette vision élargie de l'emploi, des plastik(s) analysant le rapport à l'argent, aux conditions de logement.
3/ Objectifs du projet : auto-représentation et auto-expertise.
La recherche entamée dans les documentaires sera ici reprise, systématisée et développée dans une vaste enquête sur les territoires permettant aux personnes de s'auto-représenter et d'auto-expertiser leurs conditions d'emploi et d'existence - selon le protocole expérimenté pour la réalisation de la maquette .
Ici la personne n'apparaît jamais passive, mais comme un sujet jouant de ses entraves, actif, intelligent, ayant pleinement conscience de la réalité de sa situation, artiste et sociologue de sa vie.
Ainsi ce protocole d'auto-mise en scène ouvre accès à l'épaisseur d'un réel structuré comme un jeu, une auto-enquête, et sollicite, bien au-delà de la parole et du témoignage, la puissance de création résidant en chaque être.
L'intelligence se fait corps et gestes, inventions de formes et de langages, plaisir de modeler une forme, de la représenter, de la partager.
4/ Le champ élargi du projet
Nous désirons pouvoir proposer à une grande diversité de personnes de participer à cette expérience. Tout autant qu'explorer la multiplicité des situations propres à pénétrer la complexité des enchevêtrements entre la question du travail et du temps hors emploi, entre l'organisation du territoire et les mutations de l'activité, entre le contenu et les formes de l'industrie culturelle et les normes de l'emploi précaire.
Il s'agit également d'étendre cette recherche à d'autres territoires, à d'autres entreprises, à d'autres structures sociales et éducatives en banlieue, à Paris, en Province.
Il s'agit encore d'élargir cette expérimentation à de nouveaux secteurs du service, de la communication, de l'industrie, à d'autres formes de la précarité et du travail flexible, aux taches soumises à projet, aux contrats à objectifs, à toutes les formes d'emploi à domicile (indépendantes, intermittentes), où l'entreprise est dès lors indistincte du lieu de résidence.
En plus de l'auto-expertise des formes de l'emploi direct, nous souhaiterions intégrer à cette recherche l'expertise de formes en amont ou en aval du travail telles qu’elles sont vécues par les personnes lors des parcours d’insertion (entretiens d'embauche, techniques de coaching, relooking, stages de remise à niveau, de motivation, modes multiples de fréquentation des administrations de l'emploi - ANPE/Assedic -...)
Nous pensons qu'analyser les formes de l'emploi et du travail est indissociable de l'analyse des relations des personnes avec les banques, leurs bailleurs, mais aussi l'usage qu'elles ont de l'espace, l'analyse de l'endroit où elles vivent, leurs pratiques des médias, autant de dispositifs globaux qui sont en grande partie déterminés par la forme historique dominante de l'emploi.
En multipliant les approches, à la fois sociales, formelles et territoriales ce travail voudrait participer à l'exploration de ce nouveau paradigme du travail précaire et flexible, qui désormais règle la vie d'une grande partie de la société.

5/ Mise en œuvre et partenariats selon le mode opérationnel que nous pratiquons depuis 2004
Comme dans le projet précédent, nous désirons mener le projet Plastik(s) du travail en partenariat avec les structures qui maillent un territoire donné : des équipes de développement local, des lieux culturels, des associations de quartiers, des lycées, des foyers de jeunes travailleurs à Paris, en banlieue, en province, à l'étranger.
Une série de Plastik(s) du travail comporte une douzaine de séquences tournées sur un même territoire, dans une même entreprise, école, structure sociale. Au final, d'autres Plastiks, tournées sur d'autres territoires, sont toujours projetées en même temps que la Plastik la plus récente. Ainsi circulent des expériences d'un territoire à l'autre, d'un foyer à une association, d'un lieu d'art à une cité périphérique.

Ce projet renouvelle notre approche de la créativité artistique des sujets en leur offrant d'être pleinement acteur d'un processus de réflexion sur l'emploi par la vidéo.
De la sorte se poursuit la recherche autour du concept de Sculpture Sociale et s'ébauche, à coté des expériences conduites par d'autres artistes sur les territoires, ce que pourrait être un service public du sensible.

Bien cordialement.